Histoire du tatouage

histoire du tatouage de l'antiquité à aujourd'hui

Les tatouages ont une riche histoire liée à la tradition, remontant à des milliers d’années.

Au fil du temps, il y a toujours eu un rôle important de tradition et de rituel derrière les tatouages.

Il fut un temps ou les tatouages étaient utilisés comme moyen pour repousser les maladies en plaçant un tatouage autour des doigts et sur le poignet.

Bien évidemment, tout au long de l’histoire de l’humanité, les tatouages ont également été utilisés pour symboliser l’appartenance à un clan ou à une société.

Dans cet article, nous mettrons en lumière le tatouage et son histoire en nous focalisant sur son origine et son évolution au fil du temps.

Enfin, nous aborderons l’évolution de la perception sociale du tatouage, au fur et à mesure des années.

Antiquité : Genèse du tatouage

D’après les historiens, les premiers signes de tatouage entre 3370 avant JC et 3100 avant J.-C., durant l’antiquité avec notamment la découverte d’une peau momifiée tatouée.

La plus ancienne momie tatouée humaine d’Europe, Ötzi, a été découverte en septembre 1991 dans les Alpes de l’Ötzal.

Son corps comportait au total 61 tatouages, tous situés à des endroits différents de son corps.

La majorité de ses tatouages se trouvant sur ses jambes.

Un examen attentif des tatouages d’Ötzi met en avant le fait que l’encre utilisait était constituée de suie ou de cendres de cheminée.

Voici un documentaire parlant de cette fameuse momie:

Pratiques anciennes et traditionnelles

Comme nous l’avons vu précédemment, les premiers tatouages remontent à plus de 3000 ans avant J.-C, ces tatouages sont donc le reflet de l’histoire et la culture d’anciennes civilisations.

Par conséquent, les explications à propos de ces tatouages sont alimentées par différentes théories que nous allons aborder dès à présent.

Tatouage asiatique

Certains cimetières dans la province du Xinjiang, ont révélé un certain nombre de momies tatouées.

Certaines d’entre elles datent de 2100 av. J.-C., tandis que d’autres sont beaucoup plus « jeunes », datant d’environ 550 av. J-C.

A cette époque, le tatouage asiatique avait une connotation négative et était lié au monde de la criminalité.

Dans l’ancienne littérature chinoise, les héros populaires et les bandits étaient tatoués.

En ce temps-là, il était assez courant que les criminels soient tatoué au visage, cela dans l’optique d’avertir les autres membres de la société qu’on ne pouvait pas faire confiance à cette personne.

Voici une excellente vidéo youtube de thINK tattoo sur le tatouage japonais:

Tatouage Égyptien

Des momies tatouées ont été découvertes, dans le temps de l’Egypte Ancienne, ce qui suggère que la pratique du tatouage remonte à au moins 2000 avant J-C.

Certaines théories mettent en avant le fait que les tatouages que l’on aurait trouvés sur les momies étaient premièrement à des fins décoratives, mais pas que.

En effet, dans son livre « Le tatouage médical en Égypte dans l’antiquité et à l’époque actuelle », Daniel Fouquet met en avant l’idée que, dans l’Egypte ancienne, les tatouages avaient aussi une utilité médicale.

L’examen des cicatrices trouvées sur le corps momifié de la prêtresse Hathor, suggère que ces marques avaient pour objectif de « guérir » le mal qui la rongeait, une péritonite pelvienne, qui est une grave inflammation de la cavité abdominale et du péritoine.

Autre fait marquant, il semblerait que ce type d’intervention ne serait pratiquée qu’exclusivement sur les femmes.

Cette théorique qui de prime abord paraît assez farfelue est appuyée par le fait qu’il y a peu ou pas de preuves, physiques ou artistiques, que les hommes de l’Egypte Antique aient des tatouages.

Cette pratique a toutefois changé au cours de la période méroïtique, entre 300 avant JC et 400 après JC, lorsque les hommes nubiens furent tatoués.

Tatouage Samoan

L’art et les méthodes traditionnelles du tatouage Samoan, réalisés notamment à la main, font partie intégrante des traditions culturelles samoanes depuis plusieurs milliers d’années.

À ce jour, la tradition Samoane et les outils utilisés pour tatouer sont restées intactes.

Cette tradition est notamment enseignée et transmise de père en fils.

L’outil utilisé pour faire les tatouages traditionnels est fait main, à partir de carapaces de tortues et de dents de sanglier.

Les cérémonies de tatouage étaient généralement organisées pour marquer l’ascension d’un jeune chef auprès de ses pairs.

Si vous souhaitez vous faire tatouer de manière traditionnelle, il faut savoir que ces tatouages sont extrêmement douloureux et que si les normes d’hygiène ne sont pas rigoureusement respectées, ce qui parfois de paire avec la tradition, il y a risque assez élevé d’infection.

Voici un reportage de visites privées sur le tatouage traditionnel Polynésien:

Le tatouage en Grèce et en Rome antique

Les premiers tatouages apparurent en Grèce au Ve siècle avant J-C.

À cette époque, le tatouage est exclusivement réservé aux esclaves, criminels et prisonniers de guerre, cela dans l’optique de marquer leur statut social.

À propos de la Rome Antique, il n’est pas rare de voir des soldats et fabricants d’armes tatoués.

Plus régulièrement, les esclaves romains étaient tatoués pour montrer qu’ils avaient payé leurs impôts.

Perception sociale du tatouage

Le tatouage n’était pas très, voire pas du tout commun et socialement acceptable, jusqu’au milieu du 20e siècle.

Jusqu’à cette époque, il était réservé à une petite population, principalement dans l’industrie du divertissement.

De ce fait, les personnes tatouées sont rapidement devenues une attraction populaire.

John O’Reilly

L’une des personnes tatouées les plus célèbres du 19ème siècle fut John O’Reilly.

Surnommé « l’Irlandais tatoué », ses tatouages étaient élaborés et très complet et ont fait de lui un élément public populaire de son époque.

John O'Reilly

Emma de Burgh

Emma de Burgh était une femme tatouée, célèbre dans l’industrie du divertissement, à la fin du 19ème siècle.

Elle a été « exposée » à Berlin, en Allemagne, en 1891 et a continué à étonner les foules européennes pendant plusieurs années.

Emma de Burgh

Historique du tatouage au 20ème siècle

Tout au long du 20ème siècle, les styles populaires de tatouage ont évolué et changé.

Pour aborder plus en détail leur évolution, nous les avons divisée en décennies.

Le tatouage dans les années 1910

Au début du XXe siècle, la majorité des individus tatoués sont les artistes de cirque ou les marins.

Les tatouages étaient principalement utilisés pour raconter l’histoire personnelle d’un individu, mais aussi pour mettre en avant leur profession.

Ainsi, il était courant pour un marin d’avoir un tatouage d’ancre.

Au sein de la communauté nautique, le tatouage est aussi devenu une marque d’appartenance.

Les jeunes marins étaient tatoués après leur adhésion, presque comme une cérémonie d’initiation, pour les accueillir à bord.

D’ailleurs, ces tatouages avaient une réelle utilité dans la marine, car ils permettaient, avec un peu de chance, d’identifier les marins qui tombaient à l’eau ou qui se noyaient.

Il était commun pour les marins de se faire tatouer dans les différents ports où ils naviguaient.

Ces tatouages symbolisaient les différentes destinations ainsi que la durée de leur voyage.

Par exemple, un tatouage de tortue signifiait qu’un marin a traversé l’équateur alors qu’un tatouage d’hirondelle symbolisait un voyage de plus de 8000 kilomètres.

tatouage marinTatouage hirondelle

Le tatouage dans les années 1920

Tout au long des années 1920, les tatouages dits « cosmétiques » sont devenus très populaires parmi les femmes.

Beaucoup se faisaient tatouer les tendances populaires du maquillage sur le visage, car le maquillage était trop cher à l’achat.

Les tatouages communs de maquillage incluaient les sourcils et le crayon à lèvres.

Les tatouages plus traditionnels n’étaient pas très populaires dans cette décennie et n’étaient pas très socialement acceptables.

Ce sont encore principalement les soi-disant « parias », comme les artistes de cirque, les marins et les criminels, qui se faisaient tatouer.

Le tatouage dans les années 1930

À cette époque, le tatouage n’était toujours pas socialement acceptable.

Encore plus surprenant, les années 1930 ont vu naître de nouvelles théories qui liaient les tatouages aux désirs sexuels refoulés.

Albert Parry, qui fonde sa théorie sur le célèbre amateur de cocaïne Freud, a publié un livre, soutenant que tout le processus pour obtenir un tatouage est essentiellement sexuel.

De ce fait, avec une telle littérature qui circule, il n’est pas surprenant de voir que les tatouages étaient tabous tout au long de cette décennie.

Le tatouage dans les années 1940

Aux États-Unis, les années 1940 ont vu la naissance d’un style de tatouage maintenant célèbre, le « Sailor Jerry », créé par Norman Keith Collins.

Tatouage sailor jerry

La particularité de Norman été qu’il ajouté de la couleur aux tatouages en créant ses propres pigments et en les ajoutant à ses dessins.

Les motifs classiques de cette décennie se caractérisent par des motifs considérés de nos jours comme « Old School » et de nombreuses couleurs.

Thématiquement, les tatouages dans les années 40 étaient surtout centrés sur des motifs nautiques ou militaires.

Il y avait également une augmentation des tatouages patriotiques, en raison de la deuxième guerre mondiale.

Fait historique intéressant, nous le savons tous, la guerre a engendré l’augmentation du nombre de femmes travaillant, et de ce fait, cela à aussi pour conséquence d’augmenter le nombre de femmes tatouées, ce qui constitue une double émancipation.

Le tatouage dans les années 1950

Tout au long des années 1950, les tatouages sont devenus le reflet de la masculinité.

À propos de la perception sociale du tatouage à cette époque, être tatoué, c’est être à la mode, notamment pour les « loubards ».

Mais il y avait toujours un stigmate social négatif autour des tatouages.

Ceux qui avaient des tatouages étaient plus susceptibles d’être étiquetés comme des criminels ou des voyous.

Le tatouage dans les années 1960

Faute d’une hygiène irréprochable, de nombreux salons de tatouage New Yorkais ont été accusés d’avoir provoqué une augmentation de l’hépatite dans les années 1960.

De ce fait, cela a créé une perception sociale négative autour de l’industrie du tatouage, ce qui a eut pour conséquence la diminution du nombre de tatouer dans cette décennie.

Cependant, les années 60 ont connu une augmentation de célébrités qui se faisaient tatouer, avec notamment la célèbre musicienne Janis Joplin, avec comme tatoueur le célèbre Lyle Tuttle.

Vers la fin des années 60, les tatouages mettant en avant des crânes, squelettes ou des os croisés deviennent particulièrement populaires chez les motards.

Voici une vidéo youtube de thINK tattoo sur Lyle Tuttle:

Le tatouage dans les années 1970

Dans les années 70, le tatouage est beaucoup plus acceptable socialement.

Ils ne sont plus réservés aux parias de la société, maintenant les gens « ordinaires » voulaient aussi se faire tatouer.

Le tatouage dans les années 1980

Cette décennie est particulièrement connue pour être une décennie de rébellion et cela se fit ressentir dans le monde du tatouage.

Apparaissent maintenant les tatouages aux contours noirs audacieux, les nœuds celtiques et les motifs colorés.

La scène musicale a également eu un impact important sur l’industrie florissante du tatouage, avec en-tête, le rock and roll.

Fin des années 80, les tatouages sont maintenant socialement acceptables.

Le tatouage dans les années 1990

Tout comme dans les années 1980, les célébrités ont joué un grand rôle dans les principales tendances du tatouage des années 1990.

L’un des tatouages les plus emblématiques de cette décennie est le brassard en fil barbelé de Pamela Anderson, suivi de très près par les dessins tribaux, les lettres chinoises.

Tatouage pamela anderson

Le tatouage dans les années 2000

Le début du 21ème siècle a vu les tatouages dans le bas du dos augmenter en popularité.

Femme tatouage bas du dos fleur lotusFemme tatouage dans le bas du dos

Les symboles du papillon et du Yin-Yang ont également gagné en popularité.

Enfin, les tatouages représentant une constellation ont gagné en popularité, en grande partie grâce à la chanteuse, Rihanna.

Le tatouage dans les années 2010

Les années 2010 ont vu l’apparition de petits tatouages dans des endroits inhabituels, comme les doigts ou derrière les oreilles, qui sont maintenant très populaires, avec des symboles tels que l’infini, les plumes, et les tatouages tribaux.

tatouage main

Outils utilisés pour créer des tatouages à travers le temps

Au fur et à mesure du temps, les perceptions sociales et conceptions populaires ont changé, de même que les outils et encres utilisés pour faire des tatouages.

Avant l’utilisation du dermographe, les outils pour tatouer étaient constitués d’une variété de matériaux différents.

Dans la tradition polynésienne, tatouer une personne nécessite 2 individus.

Les outils traditionnels polynésiens se composent d’un simple burin et d’un marteau. Le tatoueur fait une série de petites coupures dans la peau.

L’encre est ensuite martelée directement dans la peau où les coupes ont été faites.

Cette méthode est communément appelée le  » Stick and Poke « .

Des techniques similaires sont utilisées dans les communautés tribales, où la culture du tatouage reflète un droit de passage.

Petit fait historique marquant : dans l’Egypte Antique, les aiguilles utilisées pour le tatouage étaient faites de bronze et avaient différentes tailles, afin de créer des motifs complexes.

Le dermographe, l’outil principal du tatouage des temps modernes

La première machine à tatouer électrique a été brevetée par Samuel O’Reilly qui d’ailleurs tatoua son frère John O’Reilly, que nous avons vu plus haut, en 1891.

Le design du dermographe est basé sur une version modifiée du stylo électrique, créé par le célèbre Thomas Edison.

L’arrivée du dermographe a permis la démocratisation du tatouage, ainsi que la facilitation d’accès de ce dernier.

Les encres utilisées pour les premiers dermographes ont été créées à partir de sources géologiques ou minérales.

L’encre noire était faite d’oxyde de fer ou de carbone, et le cinabre était utilisé pour faire du rouge.

Différentes nuances d’orange, de rouge et de jaune ont été fabriquées avec différents composés de cadmium.

De nos jours, l’encre qui est utilisée pour tatouer n’est plus issue de pigments minéraux, nous utilisons maintenant des pigments organiques qui sont associés à des « agents de conservation ».

Laisser un commentaire